Entretien. Adrien Louveau (ex-Girondins) : « Si on avait mieux négocié une période, on aurait peut être réalisé l’impensable »
Parti des Girondins de Bordeaux l’été dernier, au moment du grand ménage réalisé par le club à l’approche de la deuxième saison en National 2, Adrien Louveau s’éclate du côté de l’US Créteil-Lusitanos. Sous les ordres de Jérôme Arpinon, l’ancien Lensois a disputé 21 rencontres, soit l’intégralité des matchs joués depuis le début de la saison. Pour SupGirondins, le défenseur/milieu de terrain défensif de 26 ans est revenu sur son début de carrière, son aventure polonaise et sa signature aux Girondins.
SG : Adrien, tu as fait toute ta formation au RC Lens, de l’âge de 9 ans jusqu’au monde professionnel. Quels souvenirs gardes-tu de cette époque ?
Adrien Louveau : Je garde sûrement les meilleurs souvenirs de ma vie, j’y ai tout appris aussi bien en tant que joueur qu’en tant qu’homme. C’était vraiment ma deuxième famille, surtout quand tu quittes la maison à 12 ans. J’ai connu échecs, obstacles et réussites, qui m’ont guidé à la personne que je suis aujourd’hui et aux valeurs du RC Lens qui sont aussi les miennes, encrées en moi.
Quels entraîneurs ont été importants dans ta formation ?
C’est difficile d’en ressortir quelques uns puisque d’une certaine manière, ils ont tous eu un impact dans mon évolution. Mais les plus marquants… Sûrement Coach Pascal Le Provost, un fan du Barça comme moi, qui m’a eu à mon arrivée à Lens. Ensuite Coach Christophe Raymond en U17, pour l’exigence élevée qu’il nous imposait. Puis Coach Yohann Demont, qui m’a vraiment poussé à l’entrée du monde pro pour passer le cap. Enfin Franck Haise bien sûr, qui a lancé ma carrière.
Ton choix de partir en Pologne (au LKS Lodz) était surprenant pour un jeune joueur qui montrait juste le bout de son nez en professionnel. Qu’est-ce qui t’a motivé à tenter cette aventure loin de chez toi, et précisément dans ce championnat ? Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté ? As-tu croisé des joueurs qui se sont ensuite révélés dans des équipes plus connues ?
À la base, je ne m’étais pas forcément préparé à partir aussi loin de mes bases, on va dire que ça a été un concours de circonstances, des opportunités en France qui n’ont pas abouties et puis ce challenge en Pologne qui finalement a été une superbe expérience. C’est un championnat très tactique et physique avec vraiment de bons joueurs. Comme je sortais de Lens où j’avais été formé « au beau jeu », à ressortir court de derrière, j’ai pu découvrir une autre façon de jouer et progresser sur d’autres aspects. Comme la rigueur défensive, les duels, etc.
De plus, la possibilité de découvrir une nouvelle culture, et donc de s’ouvrir l’esprit à une autre façon de vivre, c’était top pour ma vie à venir. J’ai aussi joué contre des supers joueurs là-bas, comme (Lukas) Podolski ou (Kamil) Grosicki.
Après cette aventure en Pologne, tu es revenu en France pour jouer avec Bordeaux en National 2 avec, on se souvient, un recrutement de la quasi totalité de l’effectif en un temps record juste avant le coup d’envoi de la saison. Quels souvenirs gardes-tu de ce passage en Gironde ?
L’arrivée à Bordeaux s’est faite en à peine 24 heures. Fin août pour ma part, 3-4 jours avant le premier match contre Poitiers. Ces premiers souvenirs sont fous puisque avec les coéquipiers qui étaient là dès le départ, on a tissé des liens assez uniques car on a vécu pratiquement tous ensemble pendant près d’un mois. Ça a vraiment permis de nous souder et de réaliser un début de saison prometteur malgré le retard de préparation pour quasi tout le monde.
Par la suite, on a vécu une saison pleine d’émotions, de rebondissements, portés par un public extraordinaire à tous les instants. On n’a pas réalisé l’objectif au final, même si je pense qu’à un moment donné, si on avait mieux négocié une période, on aurait peut être réalisé l’impensable du début de saison. Mais je garde vraiment que du positif de cette expérience et d’avoir pu jouer la course à la montée avec les Girondins.
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Aujourd’hui à Créteil, avec un projet ambitieux porté par de nouveaux moyens, comment vois-tu ton rôle à la fois sur le terrain et dans le vestiaire ?
Un beau projet effectivement, avec de beaux moyens et de belles ambitions. Je suis arrivé avec la même détermination que j’avais eue à Bordeaux et l’expérience de cet échec, sachant que ce nouveau projet allait avoir besoin de temps au départ pour créer un collectif.
Aujourd’hui, je me sens bien à Créteil, nous avons vraiment créé un bon groupe soudé et on va clairement dans le bon sens. J’essaie d’apporter au mieux à l’équipe et de montrer l’exemple sur et en dehors du terrain? J’apprends aussi encore beaucoup de choses au contact de joueurs d’expérience et des coachs.
Tu as joué à la fois en défense centrale et en milieu de terrain défensif au fil de ta carrière. Comment abordes-tu ces deux postes au niveau tactique et mental ? Lequel a ta préférence ?
Ce sont postes auxquels j’ai joué à divers moments de ma formation. Quand je suis rentré dans le monde pro, c’était à celui de défenseur, mais j’ai toujours essayé de garder cette polyvalence en me mettant dans des situations de milieu a l’entraînement. C’est à partir de la Pologne que j’ai recommencé à joué au milieu puis à Bordeaux la saison dernière. C’est un poste que j’apprécie, qui demande beaucoup de réflexion et un bon volume physique.
Je me sens tout aussi bien en défense central, car j’ai le jeu toujours face à moi et j’ai une vision global de l’équipe. C’est aussi un poste où on dispute pas mal de duels et ça me plaît. Ce serait dur de choisir un des deux postes en préférence car ça dépend vraiment de la manière dont joue l’équipe pour que je tire le maximum des qualités au poste où on me positionne. Je rejoue en défense depuis quelques mois à Créteil et c’est vrai que je prends beaucoup de plaisir donc tant mieux !
Tu as 26 ans, donc tu as encore longues années devant toi. Quand tu regardes vers l’avenir, qu’est-ce que tu espères encore accomplir en tant que joueur ? Un trophée que tu aimerais gagner, un championnat ou une équipe qui te font rêver, un coach que tu aimerais avoir ?
Je ne me fixe pas de limites actuellement, j’ai pour ambition de jouer le plus haut possible et j’essaie de m’en donner les moyens chaque jour. Je veux vraiment retrouver le monde pro et avoir cette régularité sur 8-10 ans d’affilée. A ce moment-là, je pourrai dire que j’ai fait une assez bonne carrière. Un trophée qui fait rêver ? Je dirais la Ligue des champions. Une équipe ? Le Barça. Et pourquoi pas le championnat espagnol, du coup. Un coach ? Je pense que (Pep) Guardiola peut ouvrir de nouvelles perspectives pour un footballeur donc pourquoi pas lui.
Et en dehors du foot, qu’est-ce qui te passionne dans la vie et te permet de te ressourcer quand tu n’es pas sur le terrain ?
En dehors du foot, je suis très actif. Je déteste ne rien faire et rester chez moi. Je marche beaucoup avec mon chien et j’aime bien passé du temps avec ma femme et les gens que j’aime. Je suis aussi une formation qui me permet de me vider la tête et penser à autre chose que le foot, je pense que c’est un bon équilibre.
Pour conclure, as-tu un petit mot pour les supporters des Girondins, chez qui tu as laissé un souvenir de joueur combattant à l’esprit irréprochable ?
Aux supporters girondins, leur dire que je leur souhaite de retrouver la place qu’ils méritent et que je les remercie pour toute la bienveillance qu’ils ont eue à mon égard. Je pense qu’ils ont une équipe qui les représente bien cette saison et qu’il pourrait se passer une belle histoire d’ici la fin de saison. En tout cas je le souhaite de tout cœur ! On va suivre ça de très près.
(Un entretien réalisé par Jérémy Berrié)
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